« Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants. » — Jean d'Ormesson
Et voilà, hier, avant de m’endormir, j’ai dit au revoir à toute la famille qui m’accompagnait chaque soir depuis mi-avril. Autant vous dire que des liens se sont tissés au fil de ces semaines ! Alors, forcément, je me sens un peu triste à l’idée de ne pas les avoir à mes côtés quand je pousserai la porte de ma chambre ce soir.
Mais peut-être devrai-je d’abord commencer par le commencement en vous racontant comment notre rencontre a eu lieu et comment ces liens ont pu se créer au fil des 6.300 pages de cette merveilleuse saga familiale !
Un jour, lasse de chercher un livre assez conséquent pour m’éviter la « rupture de stock » toutes les semaines, je suis tombée sur la série intitulée « Les sept sœurs ». J’avais déjà lu un ou deux romans de Lucinda Riley. Et son don pour plonger ses lecteurs au cœur d’histoires multigénérationnelles aux quatre coins du monde m’avait séduite. Je me suis donc dit que je ne prenais pas de grands risques à commander les deux premiers tomes pour voir si l’histoire me plaisait. Et ça n’a pas manqué : dès le tome 1, j’ai accroché ! Tant et si bien que je craignis d’avoir terminé le tome 2 avant de recevoir les 6 autres volumes.
Sauf que le soir où j’ai commencé la lecture du tome 1, je n’ai quasiment pas été en état d’aller au-delà de la première phrase. Celle-ci est la suivante : « Je me souviendrai toujours de l’endroit où je me trouvais et de ce que je faisais quand j’ai appris que mon père venait de mourir ». Une phrase, une seule, et j’ai senti littéralement exploser une digue que j’avais construite en moi depuis presque 10 ans. Précisément depuis cet appel téléphonique que je n’oublierai jamais dont j’ai retenu ces 5 mots : « Votre père / moto / accident / héliporté / désolé » …
Alors, je me suis autorisée à laisser couler les larmes, à laisser entrer en éruption ce volcan émotionnel que je pensais sincèrement éteint. En réalité, celui-ci n’était qu’en sommeil !
Les soirs suivants, j’ai réussi à avancer et à m’immerger dans l’histoire de Maïa qui mène le lecteur de Paris à Rio de Janeiro sur plus d’un siècle.
Bien entendu, ni une ni deux, j’ai enchainé avec le tome 2 et là, le choc : la même première phrase devant mes yeux: « Je me souviendrai toujours de l’endroit où je me trouvais et de ce que je faisais quand j’ai appris que mon père venait de mourir ».
Pour être parfaitement honnête, je n’y étais pas préparée, je suis restée bloquée, bouche bée pendant 5 minutes. J’ai ensuite découvert au fil des tomes suivants (jusqu’au 5ème inclus), que cette fameuse phrase ouvrait l’histoire de chacune des sœurs. Sauf que, tome après tome, je me suis aperçue que la douleur était moins forte, jusqu’à même parvenir à ressentir la tendresse des souvenirs avec mon père. Un peu comme une thérapie où j’aurais pu me libérer progressivement, me sentant plus légère à chaque tome. Pour cette raison, aujourd’hui, j’ai vraiment envie de remercier Lucinda Riley.
Une femme qui, après une décennie à imaginer cette histoire unique, n’a pas eu le temps de rédiger le tome final, celui qui clôt en beauté la saga. Mais avant que le cancer ne l’emporte, elle a pu confier cette mission de confiance à son fils, Harry Whittaker. Et je dois dire que ce dernier lui a fait honneur en nous offrant un tome 8 magnifique de suspense, d’émotions, d’Histoire et d’Amour bien au-delà des liens du sang, comme vous le découvrirez avec cette oeuvre.
Ah et j’allais presque oublier un détail, qui n’en est pas un pour moi : les traductions françaises sont des plus agréables … n’oublions pas ces travailleurs de l’ombre ! Et mes pensées les plus affectueuses vont justement à une traductrice de talent, Sophie Bastide-Foltz qui vient de perdre celui qui restera l’homme de sa Vie: Philippe
En résumé, je ne saurais que vous recommander la lecture des « Sept sœurs » si vous voulez voir la petite histoire se mêler avec la grande Histoire au fil des 2 derniers siècles aux quatre coins du monde.
Et bien entendu, j’ai déjà d’autres romans de Lucinda Riley qui attendent sur ma table de chevet. Non mais sérieusement, vous pensiez que j’allais lui dire au revoir comme ça ?
RIP Papa, Philippe & Lucinda
PS : Grâce à mon rituel de photographier chaque lecture terminée, voici les 8 tomes dont les couvertures laissent deviner la diversité des histoires.