« Quel jour sommes-nous ?» demanda Winnie . « On est aujourd’hui » couina Porcinet. « Mon jour préféré » dit Winnie.
Ce sont là les mots face à moi posés intentionnellement sur mon bureau.
Ce sont eux aussi qui m’amènent à vous confier quelques pensées qui traversent mon esprit depuis ce matin … même si elles peuvent sembler décousues -à priori- elles suivent un délicat fil d’Ariane. J’espère qu’il vous apparaitra et saura vous guider à travers mes mots.
Tout est parti d’une remarque personnelle au départ anodine sur la façon de gérer notre assiette en tant qu’enfant ou même une fois adulte. Ne trouvez-vous pas que notre attitude en dit long sur notre perception à la fois du présent, du futur, mais aussi notre gestion du plaisir, du risque ?
Si enfant, j’avais des légumes à l’eau et des coquillettes au gruyère côté-côte dans mon assiette, je commençais … par les légumes !
« Je garde le meilleur pour la fin ! » comme j’aimais à le dire.
En réalité, je pariais sur l’avenir, préférant sacrifier l’instant présent pour m’offrir mieux plus tard.
Depuis, c’est cette philosophie que je me suis employée à appliquer avec rigueur : les « corvées » en premier et ce que j’apprécie seulement après.
« Travaille d’abord, tu t’amuseras ensuite ! » comme me le martelait ma mère.
Un seul problème : n’étant pas la plus rapide et trop minutieuse, une fois mes corvées terminées, il était trop tard et je n’avais généralement plus ce temps du jeu.
Inconsciemment, j’en suis arrivée à la conclusion simpliste que travailler et s’amuser, prendre plaisir était antagoniste !
Des décennies plus tard, je me surprends à encore à m’organiser en fonction de cette croyance (oh combien limitante) que je sais pourtant fausse. Avec parfois plus ou moins de succès, j’essaie donc de briser ces réflexes.
Alors quelle fierté ce matin en réalisant que désormais je m’autorisais à ressentir de la joie et du plaisir dans mon travail. J’ai enfin accepté que nous ne sommes plus à une époque où travail signifie systématiquement douleur, qu’on peut même parfois y trouver une sorte d’épanouissement, et grandir grâce/avec à lui.
Ce déclic m’est apparu en attaquant cette partie spécifique de mon projet. À cet instant, je me suis sentie parfaitement alignée, à ma place. J’ai pu laisser parler mon intuition sans crainte, sans laisser de place au jugement des autres.
J’ai pu tout simplement me laisser porter par le « flow ». Ce Graal que nous essayons tous de toucher du doigt. Cet état terriblement difficile à décrire, et tellement grisant.
Il n’existe pas de mode d’emploi pour provoquer cet état de « flow ». Néanmoins je pense que quelques conditions sont requises. La première -et de loin- c’est d’être porté par l’enthousiasme. Un enthousiasme naturel, spontané, le même que celui qui anime l’enfant dans toutes ses expériences. Pour mettre toutes les chances de votre côté, l’objet de votre attention doit éveiller cette étincelle en vous.
De manière très concrète chez moi cela signifie que je vais ouvrir les yeux à 5h45 sans avoir à faire sonner mon réveil. J’avoue même parfois avoir quelques difficultés à m’endormir le soir, trop impatiente d’être au lendemain.
Une fois debout, je lance la cafetière pendant ce temps je me prépare en 15 minutes chrono, le café est alors prêt, j’en bois une première gorgée bouillante en consultant les données de mon anneau métabolique et à 6h15, je me plonge dans cette tâche qui me fait vibrer. Et là en quelques heures je parviens à la fois à un résultat quantitatif et qualitatif. Comme si une petite voix me dictait tout, comme si mon chemin s’éclairait pour me guider spontanément !
Dans cet état de « flow », seul le présent existe, nous absorbant autant qu’il nous porte.
Parfois, je jette un coup d’œil à ma montre pensant que 5 minutes se sont écoulées quand c’est plus d’une heure qui a filé sans que je m’en aperçoive.
Tout cela vient alors initier, nourrir un cercle vertueux naturel unique… j’épure le superflu, je suis plus ancrée, consciente du monde qui m’entoure, la Nature autour de moi me semble plus colorée, plus parfumée.
Alors qu’en réalité, je suis simplement plus disponible à l’instant présent, moins distraite par les sollicitations du monde effréné qui m’entoure.
Pendant ces moments de « flow », le monde extérieur, le futur, le passé … tout cela disparait.
Vous n’avez aucune envie d’aller scroller votre téléphone, aucune envie d’aller surfer sur le web et encore moins d’être dérangé par une notification ou qui que ce soit … vous êtes seul avec vous-même !
Et quoi de plus apaisant quand à la fin vous pouvez éprouver cette plénitude née de la satisfaction de ne s’être épargné aucun raccourci par fainéantise, et pouvoir dire « j’ai tout donné avec mes moyens matériels, intellectuels, émotionnels à cet instant précis ».
Il reste alors simplement à admirer le résultat final le cœur léger pour graver à tout jamais ce moment dans notre mémoire !
Car après tout, ne sont-ce ne sont pas ces instants présents remplis d’émotion qui nous construisent et nourrissent notre âme 🍃 💜?
